Mon plus gros Bar

Publié le par Michel

MON PLUS GROS BAR

 

 

L'histoire commence le dimanche de la Pentecôte de l'année 1980, où, comme tous les jours  j'étais à la côte, je pêchais le bar au "buldo", deux heures, matin et soir. Rien de particulier ce jour là, seuls quelques petits bars qui ne faisaient pas la maille, et que j'avais remis à l'eau. Je pêchais avec un lancer de marque "HOPE" qui avait la particularité d'être emmanché à l'envers, il était équipé  de très grands anneaux, je le possède d'ailleurs toujours. En fin d'après midi lors d'un lancer, le scion part avec  la bulle. Je ne me faisais pas de souci, car ce n'était pas la première fois que cela m'arrivait, et je comptais sur la bulle d'eau, ou sur le leurre pour récupérer la moitié de mon lancer. Malheureusement il n'en fût rien, tout passa en maille, et, à mon grand désespoir, mon scion coulait dans une fosse profonde. La mer montait et il me faudrait attendre la marée basse. La nuit à deux heures trente, il était hors de question de m'y rendre!... je remettais donc la récupération au lendemain vers les quinze heures.

Le lendemain, "lundi de Pentecôte" je me présentais avec un autre lancer vers les 11 heures 45, pour essayer de récupérer mon matériel. La mer était trop haute, ce qui n'était pas une surprise, et je ne pouvais pas accéder à la fosse où il avait coulé.

Un pêcheur "CHAUMOIS" au franc parler quittait la côte, il vint vers moi pour me conter sa mésaventure. Il venait de se faire couper par un énorme bar, et remontait chez lui changer son moulinet, pour revenir pêcher. Tout le monde connaît l'adage; "pêcheurs = chasseurs = menteurs".   B... avait tendance à grossir ses prises, et j'étais dubitatif. Il me donna toutefois comme conseil, d'utiliser comme leurre, ma plus grosse cuillère tournante prolongée par un gros anguillon rouge. Il me quitta, et je suivis malgré tout son conseil.

A mon troisième lancer, j'accrochais, la touche était lourde, mais pas vive. Je moulinais en force, la gaule très haute, car il fallait passer une barre de roches. J'avais une cinquantaine de mètres de nylon à récupérer. Je passais toutes ces difficultés, et j'amenais mon poisson dans une coursive profonde, où là, je pensais la partie gagnée. Je ne l'avais pas encore vu, il s'accrochait constamment au fond. A six reprises, il me fit des départs fulgurants, le frein du moulinet chantait, et à chaque fois, je le ramenais à une dizaine de mètres de moi. Le septième départ me fut fatal, et le bas de ligne coupait. Quelle déception, d'autant que je n'avais pas vu mon poisson qui s'était constamment tenu au fond.

Je remontais immédiatement un bas de ligne avec un leurre identique, et je relançais. Au deuxième lancer, nouvelle touche, plus vive, mais lourde tout de même. J'avais trop desserré le frein du moulinet pour éviter une nouvelle casse, et je le resserrais pour ramener mon poisson. A une trentaine de mètres de moi, il était déjà en surface. Comme l'autre, je l'amenais dans la coursive en face de moi, où, il me fît trois départs en force. Je le remontais à nouveau en surface, et profitant d'une vague, je le faisais glisser sur une roche. Rapidement, je posais ma gaule, je descendais récupérer mon poisson en lui glissant l'index dans une ouïe, en partie basse près de la gueule, pour éviter de se couper, et je le soulevais avant que la prochaine vague arrive.

Il était énorme et je jubilais. Je lançais deux ou trois fois sans succès, et je remontais à ma voiture pour aller déjeuner, car les treize heures approchaient. B...... revenait avec son nouveau moulinet, il me dit reste, regarde, ils chassent...... Je ne voyais rien, et trop heureux d'aller montrer ma pêche, je rentrais à la maison. Sur la balance romaine, il accusait  3 kilos 200. Une magnifique bête.

J'avalais rapidement mon repas, et repartais à la pêche.  B..... quittait la côte, il avait pris , et je les ai vus, un bar de 5 kilos environ, et 3 bars de la taille du mien. Dans son langage "CHAUMOIS" très imagé il me dit: " vérole" celui qui m'a coupé, n'était pas un "branleur" comme ceux là, en me montrant ses poissons. Il me précisa qu'il était inutile de pêcher; la "mate" ayant quitté la côte. J'essayais malgré tout sans succès, et je restais jusqu'à quinze heures, où, avec mon lancer, j'accrochais un anneau de mon scion, et le récupérais;

J'ai sans doute, ce jour là, manqué la pêche de ma vie, car j'aurais vraisemblablement comme B..... pêché d'autres gros bars. Malgré tout, j'étais heureux, j'avais pris un très beau poisson!........

Ma-plus-belle-prise-au-buldo.jpg
A bientôt pour une nouvelle pêche.

Michel
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