Comment j'ai découvert la pêche à la côte
COMMENT J'AI DECOUVERT LA PÊCHE A LA CÔTE
Mon premier contact avec la pêche au bord de la mer remonte en 1946, juste après la guerre, lors d'une colonie de vacances avec le patronage, à la FAUTE SUR MER dans le sud VENDEE.
Je me souviens du départ en bus, du passage à LUCON près du port où mouillaient des voiliers, de la micheline des chemins de fer départementaux dont la ligne suivait la route, que l'on croisait, ou que l'on suivait. Je me souviens également, des tas de "bousats" empilés dans les marais. Les moniteurs nous expliquèrent leur fabrication avec de la bouse de vaches et de la paille que l'on mélangeait puis que l'on laissait sécher au soleil pour s'en servir l'hiver comme combustible dans les cheminées. C'était la dure période qui suivit la guerre, et l'on était pauvre dans les campagnes.
A la côte après le bain, on ramassait les os de seiches pour les sculpter avec notre couteau, ainsi que de nombreux squelettes d'hippocampes. Puis ce fût les premières pêches: les "sourdons", nom Vendéen des coques que l'on trouvait en grattant le sable. Les pétoncles, une sorte de petite coquille saint Jacques que l'on ramassait dans l'eau sur les plages.. Puis plus sportif, et plus aléatoire, le "couteau" mollusque bivalve à coquille allongée que l'on trouve enfoui verticalement dans le sable. On détecte sa présence grâce au trou qu'il forme en s'enfonçant dans le sable, et qu'il entretient en rejetant de l'eau. Avec un petit seau d'eau de mer, et du gros sel, on simulait la remontée de la marée, pour le faire sortir du sable. Il fallait être très vif pour l'attraper car il s'apercevait très vite de sa méprise. La seconde façon de l'attraper consistait à enfoncer rapidement dans le trou un rayon de bicyclette, le coude en avant, sur lequel le coquillage se resserrait, il n'y avait plus qu'à retirer le tout du sable. La réussite n'était pas toujours assurée, car il fallait viser juste, et la pêche était modeste.
Quelques années plus tard lors d'une autre colonie de vacances à SAINT JEAN DE MONTS, je découvrais la pêche aux pignons en grattant dans le sable.
Puis, suite à une longue interruption, c'est à la grenade au CAP TENES en ALGERIE que l'on pêchait la dorade pour améliorer l'ordinaire. C'est heureusement une pêche interdite, mais que les autorités pratiquent toujours lorsqu'ils vont faire exploser en mer des stocks de munitions de la dernière guerre.
Nouvelles interruption de plusieurs années, puis mes beaux parents faisant construire un pavillon rue du Petit Montauban à la CHAUME aux SABLES D'OLONNE, à 100 mètres de la mer, nous passons désormais toutes nos vacances à la côte.
A cette époque, la route bleue était encore dans les cartons, et la rue du Petit Montauban se terminait en un petit chemin étroit bordé de talus et de buissons de tamaris pour aboutir à la côte sauvage. Il reste actuellement un espace préservé aux AGORES près de la PARACOU qui restitue le paysage de l'époque. Au bout du chemin un vivier dont le propriétaire empierrait le sol avec ses coquilles d'huîtres pour ne pas ensabler sa camionnette. C'était un paysage de rêve.
Là avec de vieux chaumois, j'ai découvert la pêche des crabes au crochet ou à mains nues, et des crevettes à l'épuisette. Et la nuit la pêche à la balance et au "triote" ( l'épuisette en Chaumois) La pêche à la calée sur les roches. La pêche sportive avec des leurres au lancer au buldo.......
Je reviendrai en détail sur toutes ces pratiques de pêche.
A bientôt;
Michel.